Un premier billet d’humeur. Une prise de position. Une invitation.

Halizo est un webmagazine sur la vie de famille. Sur l’organisation, l’intérieur, l’alimentation, le bien-être. Des sujets du quotidien, concrets, utiles.

Mais Halizo, c’est aussi une voix. Une femme, une mère, qui a des convictions et qui choisit de les dire.

Ce billet parle de regard. De peur. De beauté. Et de racisme.

Ce qui a tout déclenché

Une simple vidéo de décoration. Une de celles qui célèbrent la beauté, l’harmonie, l’élégance simple des objets bien choisis.

Et en quelques mots, un inconnu a craché sa haine dans les commentaires : « Je déteste cette couleur de peau. »

Je dois dire que je suis vaccinée. À 37 ans, quand on est noire, on a appris à composer avec le racisme. Il est systémique, ordinaire, insidieux. Parfois même, il se déguise sous des airs de bienveillance maladroite.

Mais ce jour-là, j’ai eu envie d’écrire. Pas pour me défendre. Pas pour accuser. Mais pour comprendre. Pour poser une question essentielle : pourquoi l’autre fait-il si peur ?

La peur de l’autre : une blessure d’éducation

Pourquoi tant de haine face à ce qui n’est pas « comme moi » ? Pourquoi une couleur, une forme de nez, une texture de cheveux ou une religion peuvent-elles déclencher une telle rage ?

Qu’a-t-on raté dans notre éducation pour que la différence devienne une menace ? Qu’a-t-on oublié d’enseigner dans nos maisons, nos écoles, nos histoires de famille ?

Cette peur de l’autre n’est pas innée. Elle est transmise. Apprise. Ancrée. Et c’est précisément parce qu’elle est apprise qu’elle peut être désapprise. Qu’elle peut être remplacée par quelque chose d’autre : de la curiosité. De l’ouverture. Une capacité à voir l’autre comme une richesse plutôt que comme une menace.

Sommes-nous condamnés à répéter les mêmes haines, les mêmes exclusions ? N’avons-nous rien appris des grandes tragédies du passé, de l’antisémitisme, des colonisations, des génocides ?

Je refuse de croire que oui.

Mon choix : vivre

Face au racisme, j’ai choisi l’intolérance au racisme. Je ne lui donne pas de place. Je ne le laisse pas me définir.

Je choisis de vivre. Je choisis d’aimer. Ma peau, mes cheveux crépus, mon nez épaté. Ce que je suis. Ce que Dieu a façonné en moi, je décide de l’aimer.

Et peut-être que si chacun d’entre nous commençait par là, par s’aimer soi-même, l’autre nous ferait moins peur. Il y aurait moins de jalousie, moins de comparaison, moins d’agressivité. Parce que l’on saurait qu’il y a de la place pour chacun. Que l’autre ne vient pas voler, mais compléter le monde.

Ce que nous voyons dit qui nous sommes

À ce commentaire haineux, j’ai répondu ceci :

« Le marron, c’est le chocolat qui console. C’est la terre, les racines, le sol qui porte la vie. Si cette couleur t’irrite, c’est peut-être ton regard qu’il faut nettoyer. »

Et c’est là, le fond du sujet.

Ce n’est pas ce que nous voyons qui importe. C’est comment nous choisissons de le voir. La beauté est-elle dans l’objet ? Dans l’autre ? En soi-même ? Ou dans le regard qu’on pose dessus ?

Peut-être que tout commence là. Dans ce pouvoir qu’on a de changer notre regard. De faire naître la beauté là où il n’y avait que peur.

Et si on changeait notre regard ?

Le monde change vite. Les technologies avancent, les flux s’accélèrent. Mais les mentalités, elles, piétinent encore.

Ici, sur Halizo, on parle d’organisation, de maison, de cuisine, de famille. De toutes ces choses du quotidien qui font une vie.

Mais une vie, ce n’est pas juste une maison bien rangée ou des repas équilibrés. C’est aussi la façon dont on regarde le monde. Dont on se regarde soi-même. Dont on regarde ceux qui sont différents de nous.

C’est la vision qui porte ce webmagazine. Une vision de la vie ordinaire qui mérite d’être belle, quelle que soit la couleur de la peau de celle qui la vit.

Alors regardons mieux.

Ce que ce billet dit d’Halizo

Halizo ne sera pas un webmagazine neutre. Il sera un webmagazine habité.

Habité par une femme qui a des convictions. Qui croit en la beauté du quotidien, quelle que soit la vie qui le porte. Qui croit que la diversité enrichit plutôt qu’elle ne menace. Qui croit que s’aimer soi-même est le point de départ de tout le reste.

Si vous êtes là, c’est peut-être que vous croyez à quelque chose de semblable.

Bienvenue.

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